vendredi 26 août 2011

Extrait du Petit organon pour le théâtre, de Brecht

« Il faut que ce champ [le théâtre] puisse être caractérisé dans sa relativité historique. Cela signifie la rupture avec l'habitude que nous avons de dépouiller de leurs différences les différentes structures sociales d'ères révolues, si bien que celles-ci ressemblent toutes plus ou moins à la nôtre, laquelle, du fait de cette opération, prend l'air d'avoir toujours existé, d'être donc tout simplement éternelle. Nous, nous voulons leur laisser leur diversité et ne pas perdre de vue leur caractère transitoire, de sorte que la nôtre aussi puisse être reconnue comme transitoire. (A cela ne peuvent naturellement servir la couleur locale ou le folklore que nos théâtres emploient précisément pour faire ressortir d'autant plus fortement les similitudes dans la manière d'agir des hommes aux différentes époques [...])


Bertolt Brecht, Petit organon pour le théâtre, p. 50.

samedi 16 juillet 2011

Extrait de La fée carabine

« Mais, selon elle, le plus grave était qu'elle avait cru reconnaître sa mère dans le corps qui glissait «sur son catafalque de charbon». Apparemment, le fait que la maman en question dormît tranquillement dans sa chambre à ce moment-là n'y changeait rien.
- C'est absolument comme si j'avais tué maman, monsieur l'inspecteur ! J'ai essayé d'expliquer cela à votre collègue en uniforme, il n'a pas voulu me comprendre.
 En effet. Pastor essaya d'imaginer la tête du jeune flic et faillit griller un feu rouge. »


La fée carabine, Daniel Pennac, p. 55.

lundi 11 juillet 2011

The Bike Song

Je viens de renouer avec mon vélo... En fait, avec un de mes vélos déglingués. Quel bonheur tout de même! Presque la moitié de l'été, pourtant! Déjà! Je dois avouer que ça m'a fait du bien de rouler, libre, de glisser. Vous ne pouvez pas savoir. Je suis rassurée.

http://www.youtube.com/watch?v=rVELTxKRoHA

samedi 9 juillet 2011

Extrait de La fée carabine

«[...] La porte de l'ex-quincaillerie qui nous sert d'appartement s'ouvre à la volée sur le Petit qui se met à gueuler :
- Eh ! J'ai vu une fée ! [...] Une vraie fée très vieille et très sympa !
Mon frère Jérémy en profite pour tenter une sortie hors de son boulot :
- Elle t'a fait tes devoirs ?
- Non, dit le Petit, elle a transformé un mec en fleur !
Comme personne ne réagit plus que ça, le Petit s'approche de Stojilkovicz et de moi.
- C'est vrai, oncle Stojil, j'ai vu une fée, elle a transformé un mec en fleur.
- Ça vaut mieux que le contraire, répond Stojil sans quitter l'échiquier des yeux.
- Pourquoi ?
- Parce que le jour où les fées transformeront les fleurs en mecs, les campagnes ne seront plus fréquentables.»

Daniel Pennac, La fée carabine, p. 17-18, 1987.

J'suis bien d'accord avec ça :D